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Actions en région, L'Ufcv - 04/05/2020

En cette période de confinement, l’Ufcv s’organise pour assurer la continuité pédagogique de ses stagiaires en formation professionnelle, partout où elle le peut. Témoignages croisés de salarié·es de l’association et de stagiaires.


L’Ufcv organise la continuité pédagogique


Zoom sur : Metz, la solidarité en action

À Metz, trois formations et 34 stagiaires sont concernées par la formation à distance. Depuis l’annonce du confinement, les formateurs utilisent les plateformes Discord et Zoom pour communiquer avec leurs groupes. Des conférences et des classes virtuelles sont régulièrement organisées, et des groupes de travail entre stagiaires se sont formés. Comme le raconte David Garnier, Coordonnateur de la Formation Professionnelle sur le territoire : “On est dans un moment où tout le monde devient ressource. Entre eux, les stagiaires se soutiennent. Il y a beaucoup d’entraide.” Un point qu’il tient à souligner, dans un contexte troublé où la solidarité est si importante.

Les contenus de formation ont eux aussi été repensés, pour prendre en compte des problématiques liées au confinement. Parmi les questions auxquelles les stagiaires sont amenés à réfléchir : “Comment animer un groupe d’ados en période de confinement ?” Tout un programme…!


Zoom sur : En Normandie, le portail e-learning de l’Ufcv comme ressource

En Normandie, les équipes de la formation professionnelle assurent la continuité pédagogique pour toutes les formations. Comme l’explique Sigrid Gautier, formatrice BPJEPS à l’Ufcv : “Depuis 3 ans, avec ma collègue Marie-Rose Gandon, nous créons des modules de formation sur le portail e-learning de l’Ufcv. Nous avions la chance d’avoir déjà beaucoup d’outils à disposition à l’annonce du confinement, mais nous continuons à l’enrichir.” Les deux collègues partagent également une dropbox avec les stagiaires, sur laquelle elles publient régulièrement des supports pédagogiques pour compléter leurs cours. 

À Cherbourg et à Caen, Sigrid et Marie-Rose Gandon, Coordinatrice de l’activité et formatrice BPJEPS, organisent plusieurs sessions de travail en groupe par jour via Skype. “Le contact quotidien est essentiel. Il permet de remonter le moral, d’encourager vivement, d’applaudir les bonnes choses, de relativiser les moins bonnes… de façon à ce que personne ne décroche. On est dans des métiers de contact, donc la distance pèse pour tout le monde, mais le groupe est solidaire et très motivé !”, explique Marie-Rose.

Comme à Metz, les stagiaires travaillent sur des problématiques de terrain, afin qu’ils puissent donner vie à leurs projets dès la sortie du confinement. Bien sûr, là aussi, le Covid-19 s’invite au cœur des réflexions collectives. “Comment adapter mon projet idéal, dans une situation de sortie de confinement, avec un public pas nécessairement réceptif ?” Une question sur laquelle les stagiaires vont devoir se creuser les méninges ; mais ils pourront compter sur l’aide de leurs formatrices pour y répondre !


Zoom sur : Bretagne, voir au-delà de la continuité pédagogique  

En Bretagne, l'Ufcv est partenaire d’Askoria sur les formations professionnelles et intervient sur plusieurs formations BPJEPS et DJEPS à Rennes et Saint-Brieuc. Depuis le début du confinement, Christelle Lahaie, Coordinatrice de formation, assure donc avec Askoria le suivi des stagiaires, le lien avec les tuteurs ainsi que des interventions séquence de formation à distance.

Comme ses collègues de l’Ufcv, Christelle organise des visites de stage et soutien pédagogique via Skype ou WhatsApp, de manière collective et individuelle. “Je les encourage à former des groupes de travail et à rester solidaires. Je profite aussi du confinement pour adapter le suivi individuel, répondre aux questions des un·es et des autres, tout en essayant de conserver au maximum la diversité méthodologique au sein des formations.” 

Pour Christelle Lahaie, cependant, il faut voir au delà de la continuité pédagogique : “Notre accompagnement et nos modes d’intervention durant le confinement doivent permettre de soutenir les stagiaires. C’est aussi une aventure de remise en lien et de questionnements sur leur pratique professionnelle. Ce que nous vivons permet de s’interroger sur l’isolement des publics avec lesquels nous travaillons, mais aussi sur notre propre isolement, ce qui peut faire évoluer la manière dont on perçoit et dont on exerce nos métiers.”


Le défi de l’équité


Les mesure de distanciation sociale obligent chacun·e à travailler de chez soi et à avoir recours aux outils technologiques. Or, le confinement n’est pas le même pour tou·tes.
 Certains stagiaires ont des enfants à charge, d’autres sont réquisitionnés dans la gestion du Covid-19, d’autres encore n’ont pas les moyens techniques d’être présents toute la journée pour leur formation… Et puis il y a ceux qui peuvent être touchés par la maladie, directement ou via leurs proches. Une situation complexe, que les formateurs de l’Ufcv doivent prendre en compte.

Comme l’explique David Garnier, “Les formateurs ont été les premiers à m’alerter sur la problématique de l’équité entre tous les stagiaires. Depuis le début du confinement, ils s’assurent que personne ne soit lésé et que l’organisation proposée prenne bien en compte les contraintes et les besoins de chacun.” En Bretagne, Christelle Lahaie tient un discours similaire : “Nous devons être à l’écoute et prendre en compte l’impact physique, émotionnel et les conditions de vie des stagiaires dans notre suivi. Depuis le début du confinement, on propose presque de la formation sur-mesure. En bref : on s’adapte !”

À Cherbourg, les stagiaires étaient en formation lorsqu’ils ont eu connaissance de l’obligation de confinement. Sigrid Gautier raconte : “Nous avons passé une journée à manipuler Skype et à retravailler l’utilisation de la plateforme de formation à distance, pour s’assurer que tout le monde était au point. J’ai également réalisé des rendez-vous individuels pour connaître les contraintes personnelles des stagiaires.” 

Si le même travail est demandé à l’ensemble des stagiaires, les acteurs de l’Ufcv sont tous d’accord pour dire qu’il est fondamental de laisser les stagiaires travailler à leur rythme, en fonction de leurs possibilités. Finalement, comme le résume Marie-Rose Gandon : “Ce qui importe, c’est que quand on se retrouve, tout le monde soit au même niveau.” 


Du côté des stagiaires : la diversité des vécus 

Problématiques de terrain et autonomie 

La situation peut être vécue très différemment par les stagiaires, en fonction de leur caractère, de leur autonomie face au travail à distance et des spécificités de leur confinement. Comme l’explique David Garnier : “Certains vivent très bien la période, et d’autres souffrent de l’isolement et du fait de ne pas avoir des réponses tout de suite à leurs questions. La problématique du terrain se pose pour ceux qui doivent prendre des directions cet été. Ils ont du mal à se projeter. Ils se disent : “Comment imaginer un projet, sans savoir si je vais pouvoir travailler ?” On essaye de les rassurer et de les accompagner au mieux.”

À Cherbourg aussi, Sigrid Gautier doit adapter ses méthodes, entre les stagiaires les plus autonomes et ceux qui ont davantage besoin d’être encadrés. “Certains ont du mal à travailler seul et me le font savoir. Pour les aider, je les sollicite plus assidûment par mail ou par téléphone ; je leur propose des plannings d’organisation et ils peuvent aussi s’inscrire sur des créneaux d’une heure avec moi. Ça leur donne une structure. D’autres n’ont pas de problème pour rester très impliqués, travaillent plus qu’il n’en faut et je dois presque les freiner !”

C’est notamment le cas de Nadège, stagiaire en BPJEPS. Effrayée par la formation à distance dans un premier temps, elle raconte :  “J’avais prévu de faire une formation en temps réel plutôt qu’en distanciel car, je craignais de ne pas savoir gérer l'absence de cadre. Finalement, je suis agréablement surprise. J’ai réussi à trouver mon rythme et à bien m’organiser : c’est la clé je pense. Et puis, on a de la chance d’avoir Sigrid ! Elle est à l’écoute et très réactive, ce qui nous permet d’avancer vite. Mon seul regret est de ne pas pouvoir être auprès de mon public en ces temps compliqués pour eux… mais comme on dit, tout vient à point qui sait attendre !” 


>Jongler entre le travail, la vie personnelle et la formation

En Bourgogne Franche-Comté, l’équipe utilise également la plateforme de formation à distance de l’Ufcv pour diffuser modules de formation et ressources. Elle organise régulièrement des classes virtuelles en visioconférence et accompagne chaque stagiaire dans ses recherches et la rédaction de son projet personnel. 

Parmi eux : Sonia, Coordinatrice multisite au sein d'un réseau de micro-crèches, qui doit jongler entre le télétravail et sa formation : “Je reste motivée et m'implique autant que possible dans cette formation à distance, en vue des épreuves de certification. J'étudie principalement tôt le matin et tard le soir, afin de trouver l'isolement et la concentration nécessaires. Cela relève du défi au sein d'une famille nombreuse, avec du télétravail, un conjoint qui poursuit son activité, des enfants qui me sollicitent tour à tour pour leur continuité scolaire et la gestion de la vie quotidienne… Nous vivons actuellement une situation inédite ; comme tout un chacun, je m'adapte. L'essentiel est de prendre soin des siens et de protéger les autres.” 

Thibaut, Responsable d’un service Animation vie sociale au sein d’un EHPAD et actuellement en formation DEJEPS à l’Ufcv Bourgogne-Franche Comté, fait preuve de la même philosophie : “En tant que salarié engagé, je me suis porté volontaire pour être réquisitionné. À la maison, ma conjointe est infirmière et nous avons 3 garçons de 7, 5 et 2 ans. Dans ce contexte, ce n’est pas toujours facile de trouver le temps pour la formation, mais mon futur projet se nourrit chaque jour lors de mes interventions auprès de mon public, des collègues, de l’institution. J’espère qu’au final, le contexte actuel permettra d’élever les consciences collectives sur notre rapport aux autres et à notre environnement.” 

Des récits pluriels pour ces stagiaires, mais la même motivation à ne rien lâcher pour obtenir leur certification, et participer à construire et animer le monde de demain auprès de leurs publics.  


Article paru en premier le 21 avril sur le site ufcv.fr

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